VISITE D'ARRAS ET SES ENVIRONS

Le samedi 17 septembre plus de 40 adhérents et sympathisants se sont retrouvés à Arras pour la visite des Boves et du Beffroi, après un déjeuner au restaurant" le petit rat porteur" ou nous avons dégustés des spécialités arrageoises nous sommes allés visiter le site de Vimy pour finir à Notre Dame de Lorette.

Les Boves, ce sont des carrières de pierre calcaire creusées à partir du Xème siècle. Aménagées dans les sous-sols de la ville, elles permettent de découvrir "l'histoire souterraine" d'Arras. D'abord lieu d'extraction et de sueur, ces Boves deviennent caves, entrepôts pour les marchand des places, puis abri pour la population d'Arras lors des bombardements de la seconde guerre mondiale.

Le Beffroi, rien de tel qu'un vertige sur les hauteurs pour découvrir les 155 façades baroque des places, ensemble harmonieux unique en Europe "Joyau de l'architecture flamande" "perle gothique dans un écran gothique". Classé depuis le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'Unesco et élu monument préféré des français en 2015, le beffroi offre un splendide point de vue sur Arras et sa campagne environnante.

Site de Vimy, haut lieu de la bataille de l'Artois, dite bataille d'Arras, terre donnée à l'Etat Canadien à l'issue de la première guerre mondiale en souvenir du sacrifice des troupes canadiennes qui sont parvenues à reprendre, à l'issue d'un long et difficile combat, la crête de Vimy occupée par les Allemands. Le mémorial canadien est visible à plusieurs kilomètres à la ronde. Nous pouvons également voir le monument des troupes marocaines.

Notre Dame de Lorette est un site classé historique, il se trouvait également sur la ligne de front. Une table d'orientation permet de situer les positions des belligérants. L'anneau de la mémoire inauguré par le Président de la République le 11 novembre 2014 regroupe les noms de plus de 500 000 soldats de toutes nationalités tombés au champ d'honneur sur ces collines d'Artois.

-- LES PLACES D'ARRAS --

 

La Grand Place à une superficie d'1ha76, soit 17664 m2. Elle mesure 184 m de long x 96 m de large.

On parle pour la 1° fois de la Grand Place d'Arras au XI° siècle en l'an 1004 à l'occasion d'une visite de Bauduin V de Flandre. Arras est la ville la plus au sud de la capitale Flamande.

Vers la fin du XI° siècle en l'an 1090, le premier noyau urbain apparait, il est situé sur cette place, tout au moins autour de celle-ci. Tout un réseau de petites ruelles très étroites qui correspondent aux normes de la voie publique de l'époque; largeur d'un chariot tiré par des boeufs ou des chevaux.

Sous la période des ducs de Bourgogne, cette place s'appelait alors place du Grand Marché et servait également pour les joutes équestres, les tournois de chevalerie et était aussi le lieu des transactions économiques.

La 1° maison en dur fut construite au début du 12° siècle et se situait au n°49. Elle fut remplacée par l'immeuble actuel classé à l'inventaire des monuments historiques, il présente une particularité par rapport aux autres immeubles, puisque une demi -tourelle en briques rouges est en saillie dans le haut de la façade. C'est aujourd'hui un hôtel de prestige " les Trois Luppars". Le mot luppar est un dérivé du mot léopard.

Au xv° siècle, en février 1478 ; une forteresse est bâtie par Louis XI afin d’assurer la sécurité des habitants, la ville étant souvent mise à sac par les ennemis et les bandes de pillards. Des remparts entourent cette ville connue pour sa richesse, grâce à son commerce florissant : Notamment de ses étoffes et ses cuirs tannés.

Les places d’Arras ont une architecture unique en France, architecture que l’on retrouve néanmoins dans d’autres pays d’Europ e du Nord, Belgique (Bruges, Bruxelles Gand), Allemagne (Munich, Munster), Pays Bas.

Le sous-sol des places, abrite 2 à 3 niveaux de caves qui permettent de relier, ce qu’on appelle Les Boves « réseau souterrain qui quadrille Arras et sa Région ». Les Boves furent très utiles pour acheminer les troupes alliées vers Vimy lors de la 1° guerre mondiale, afin d’attaquer les positions allemandes.

Elles furent aussi utilisées pendant la seconde guerre mondiale comme abris anti-aériens pour la population.

Les deux places : grande et petite places, comptent 155 maisons soutenues par 345 colonnes. Toutes les maisons ont une hauteur, une largeur et une décoration de façade différentes les unes des autres. 69 façades d’immeubles sont classées « Monument Historique ».

Les places, l’Hôtel de Ville et la cathédrale, comme une bonne partie de la ville furent entièrement détruits par l’artillerie allemande lors de la 1° guerre mondiale et furent reconstruits à l’identique.

La petite place :

Appellée au moyen âge place du Petit Marché, elle est de style baroque flamand et date du XI° siècle.Les halles corporatives y étaient regroupées. Cette place porte depuis 1945 le nom de place des Héros en hommage aux résistants de la seconde guerre mondiale ; Place des Héros.

La construction de l’Hôtel de Ville et du Beffroi ( classés au patrimoine de l’UNESCO) débuta au xv° siècle, en l’an 1463, pour se terminer au xvi° siècle, en l’an 1554, soit 91 années plus tard. La couronne du Beffroi est identique à celle du beffroi d’OUDENAERDE en Belgique. Le beffroi, comme l’architecture de la façade de l’Hôtel de Ville ont une large ressemblance avec ceux de Bruxelles ou Munich et Munster en Allemagne.

Le Beffroi a une hauteur de 75 mètres, il servait au moyen âge, de tour de guet, pour détecter les incendies et les attaques des armées ennemies.

-- LES ARRAGEOIS CELEBRES --

VIDOCQ Eugène François

Personnage atypique, VIDOCQ est né à Arras le 24 juillet 1775, ses parents étaient boulangers.

Il fut incarcéré pour la première fois à l’âge de 15 ans sur demande de son père, suite à un vol dans la boulangerie. Militaire à l’âge de 16 ans, il participe aux batailles de Valmy, de Jemappes, à la campagne de HOLLANDE ; Il est chassé de l’armée après plusieurs duels sanglants et pour indiscipline notoire. Il est une nouvelle fois incarcéré à l’âge de 19 ans, s’enrôle à nouveau dans l’armée, puis déserte.

Après plusieurs autres séjours en prison et de multiples évasions ; Il est condamné au bagne (Brest, Toulon) et s’évade autant de fois. Il monte ensuite des commerces à Arras, Rouen, Versailles. Il est une nouvelle fois arrêté et s’évade encore.

Il décide alors de proposer ses services à la police, pour dépister les criminels cachés sous de fausses identités . Il devient plus tard Chef de la police de sûreté à Paris. Il démissionne en 1828 et crée une manufacture de papier infalsifiable et d’encre indélébile. Ses ouvriers sont tous d’anciens détenus. Il obtient plusieurs brevets pour ses inventions.

Il devient écrivain et rédige jusqu’à la fin de sa vie plusieurs ouvrages.

Il redevient Chef de la police de sûreté en 1832, il sauve la vie du Roi Louis Philippe lors des émeutes des barricades. Il démissionne à nouveau en 1833, crée la 1° agence de détectives privés au monde, puis la revend. Conférencier en Belgique, en Grande Bretagne, il est l’ami de Balzac et Lamartine. Il meurt à Paris en 1857 à l’âge de 82 ans.

ROBESPIERRE Maximilien

Robespierre est né à Arras le 6 mai 1758 dans un milieu très bourgeois. Sa maison est située à 350 mètres de l’Hôtel de Ville à proximité du théâtre municipal..

Jeune avocat, il est élu Député du Tiers Etat en 1789. Défenseur de l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort, du droit de vote pour les gens de couleur, les juifs les comédiens, du suffrage universel et de l’égalité des droits. Jacobin en 1792, puis Montagnard, il s’oppose à la guerre contre l’Autriche, ainsi qu’à Lafayette.

Elu à la Convention, il entre en juillet 1793 au Comité de Salut Public où il devient l’un des principaux acteurs de la Terreur. Il est ensuite contesté par les siens : arrêté, il est guillotiné à Paris le 26 juillet 1794.

MOLLET Guy

Né le 31 décembre 1905 à Flers (Orne). Homme politique français

Adhérent à la S.F.I.O, Section Française de l’Internationale Socialiste, alors qu’il n’a pas encore 18 ans. A L’issue de ses études, il est nommé professeur d’anglais. Il milite activement dans le syndicalisme enseignant, ce qui lui vaut d’être muté disciplinairement à Arras. Mobilisé en 1940, il est fait prisonnier.

Libéré en juin 1941, il s’engage quelques mois plus tard dans la résistance au sein de l’OMC « Organisation Civile et Militaire » qui regroupe des résistants de toutes tendances. Il écrit pour le journal clandestin « La Voix du Nord », participe aux combats pour la libération et, est chargé de la commission d’épuration de Flers.

Elu Maire et Conseiller Général d’Arras en 1945, Député en 1946. Il est nommé la même année Secrétaire Général de la SFIO jusqu’en 1969. Il est nommé Ministre d’Etat sous deux gouvernements (Léon Blum et René Pleven) de 1946 à 1951, puis Vice-Président du Conseil en 1951. C’est un farouche européen et un anglophile convaincu. De 1954 à 1956, il préside l’assemblée des Parlementaires du Conseil de l’Europe.

En 1956, il est nommé Président du Conseil (ce qui correspond aujourd’hui au 1° Ministre) jusqu’en mai 1957. Il est à nouveau Vice-Président du Conseil en 1958, puis Ministre d’Etat du gouvernement de Charles De Gaulle jusqu’en 1959. Il fut Maire d’Arras de 1945 à 1975, soit 30 années.

Il meurt à Paris le 3 octobre 1975.

DE GAULLE Charles

Né le 22 novembre 1988 à Lille(Nord). Militaire et homme politique

Charles De Gaulle n’est pas un arrageois proprement dit : Sans aucun doute, s’il n’avait pas lancé son fameux appel à la lutte armée contre l’occupant Allemand le 18 juin 1940, créé les Forces Françaises Libres et dirigé le gouvernement en exil, puis revenir aux affaires en qualité de Président de la République Française du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969 : Il ne serait resté qu’un modeste général anonyme et personne ne se souviendrait de son passage à Arras.

En effet à sa sortie de l’école des officiers de Saint Cyr, le Sous-Lieutenant De Gaulle fut affecté au 33° Régiment d’infanterie d’Arras de 1912 à 1914 sous les ordres du Colonel Pétain.

Il meurt à Colombey les Deux Eglises, le 8 novembre 1970.

-- LES GEANTS D'ARRAS --

Ces géants ont été construits en 1891. Ils s’appellent Colas et Jacqueline, ils représentent des maraîchers d’Achicourt (ville voisine) ; à l’époque tout petit village voué uniquement à la culture maraîchère, dont les habitants étaient affublés du surnom « Les Baudets d’Achicourt » du fait qu’ils utilisaient uniquement des baudets pour travailler dans leurs cultures et transporter leurs marchandises vers les marchés des villes voisines. Ce surnom étant encore utilisé parfois par les vieux arrageois.

Ces deux maraîchers au 19° siècle venaient vendre toutes les semaines, leurs légumes sur les marchés arrageois.

Ces géants mesuraient 6,25 mètres de hauteur, détruits au cours de la 1° guerre mondiale par les bombardements allemands. Ils furent reconstruits. De nouveau détruits en 1940, il faudra attendre 1980 pour qu’ils renaissent à nouveau, avec une hauteur amoindrie, 4,50 mètres. Ils eurent un fils Dédé, naît en 1995.

La famille des géants d’Arras s’est encore agrandie avec la naissance le 29 août 2015 de l’Ami Bidasse haut de 4,50 mètres qui rappelle les piou-piou des régiments d’infanterie qui casernaient à Arras fin 19°, début 20° siècles sous l’uniforme traditionnel de l’époque L  Képi modèle 1884 de couleur rouge garance à bandeau bleu.

Pantalon rouge garance avec guêtres en cuir noir sur des brodequins cloutés. Capote modèle 1877 couleur gris de fer bleuté. ) L’ami Bidasse est aussi le titre d’une chanson écrite en 1913 par Louis Bousquet , sur une musique de Henri Malfait.

Ces géants, lors de leurs sorties, sont portés et escortés par les jouteurs d’Arras en tenue traditionnelle.

-- LE MEMORIAL CANADIEN --

Ce lieu historique national du Canada de la crête de Vimy, se veut un hommage à la mémoire de tous les Canadiens ayant risqué ou donné leur vie au nom de la paix et de la liberté, au cours de la 1er guerre mondiale.

Sur le socle du Mémorial est gravée l’inscription suivante : «  A la vaillance de ses fils pendant la grande guerre et en mémoire de ses 60000 morts le peuple canadien a élevé ce monument. »

Cette terre a été donnée au Canada par la Nation Française en 1922, en reconnaissance du sacrifice des troupes canadiennes.

Il a fallu 11 années pour ériger ce majestueux monument, œuvre de l’architecte et sculpteur canadien Walter Seymour Allward. Ce monument se dresse sur un socle de 11000 tonnes de bêton, armé de centaines de tonnes d’acier.

Ses deux tours quadrangulaires et ses statues sont faîtes de 6000 tonnes de pierre calcaire provenant d’une carrière romaine abandonnée, située en Croatie près de la mer Adriatique. Les statues ont été sculptées à l’endroit où elles se trouvent sur le monument.

L’une d’elles a été sculptée à même un bloc de pierre de 30 tonnes. Les deux tours quadrangulaires blanches présentent pour l’une, les feuilles d’érable du Canada : pour l’autre, la fleur de lys de la France. Elles symbolisent les sacrifices des deux pays. Autour des statues figurent les blasons du Canada, de la Grande Bretagne et de la France.

A la base des tours sont sculptés : un jeune soldat mourant (l’esprit de sacrifice), un porteur de flambeau. De chaque côté de l’escalier, la statue d’un homme et la statue d’une femme représentent les endeuillés.

Sur les parois du monument, sont gravés les noms de 11285 soldats canadiens ayant péri en France, dont les lieux d’inhumation étaient alors inconnus. Plus de 7000 soldats canadiens identifiés, ayant trouvé la mort dans ces terres d’Artois, reposent dans 30 cimetières militaires situés dans un rayon de 20 kilomètres. 66000 canadiens ont perdu la vie durant la 1° guerre mondiale.

-- LA DIVISION MAROCAINE --

Cette division qui n’avait de marocaine que le nom, sa devise : « Sans peur et sans pitié ». Elle était constituée des : 

-        1° régiment de marche de la Légion Etrangère                                              

-        4° régiment de Tirailleurs Algériens

-        7° régiment de Tirailleurs Tunisiens

-        8° régiment de Zouaves

-        5° régiment de Chasseurs d’Afrique

-        1° régiment de Spahis

-        15° et 23 compagnies du 6° train d’ambulances

-        2° et 8° régiments du Génie 

Cette division composée de 12000 hommes en perdra 4207 entre les 9 et 11 mai 1915 lors du 1° véritable assaut contre les lignes allemandes. A la fin de la 1° journée de combats, les troupes françaises ont enlevé la côte 140 et demandent des renforts pour assurer leurs positions.

L’incompétence de l’Etat-Major qui ne croit pas en leur exploit et pense simplement que les officiers sur place ne savent pas lire une carte d’état-major, fait que les troupes françaises sont obligées de se replier, non sans avoir toutefois réussi , au cours des deux journées suivantes, à reprendre la dite côte 140.

Il faudra attendre 2 ans pour que la côte 140, dite crête de Vimy, soit reprise aux allemands par les troupes canadiennes.

La division Marocaine qui comptait dans ses rangs, des volontaires Arméniens, Tchèques, Slovaques, Grecs et Suédois, est la division la plus décorée de l’armée française pendant la 1° guerre mondiale et la seule dont les drapeaux furent décorés de la Légion d’Honneur. 

Entre 1914 et 1918, elle a combattu l’ennemi dans les Ardennes, la Marne, la Champagne, la Somme, la Lorraine, en Belgique à Nieuport et Grande Dune. Ses régiments portaient tous la fourragère rouge, qui correspond à 6 citations à l’ordre de l’armée. Une seule citation signifie que la moitié des effectifs engagés est restée sur le terrain. Ce qui représente énormément de sang versé.

-- NOTRE DAME DE LORETTE --

Haut lieu du souvenir à la mémoire des soldats français ayant péri sur cette colline et celle de Vimy, la nécropole de Notre Dame de Lorette fut décidée par les autorités militaires françaises et construite entre 1919 et 1923. La nécropole comprend outre le cimetière militaire, une basilique et la tour lanterne. Dans la crypte de cette dernière, sont enfermés les corps de soldats inconnus des deux guerres mondiales et de la guerre d’Indochine.

Dans la partie haute de la tour est constitué un petit musée rassemblant des lettres écrites par les combattants, des effets personnels, des objets fabriqués artisanalement , des photographies etc….

Derrière le cimetière, il y a un musée présentant plus de 2000 pièces de collection ainsi que des reconstitutions d’abris souterrains avec animation laser reconstituant en audio –visuel, la vie dans les tranchées et dans les abris. Un diaporama de plus de 150 vues d’époque complète l’exposition.

Derrière ce dernier, un musée de plein air reconstituant le champ de bataille sur 3 ha avec plus de 1000 mètres de tranchées sur les emplacements d’origine ; avec canons, obusiers et autres pièces d’artillerie, mitrailleuses, obus, barbelé, tonnelles blindées. Ces tranchées d’époque y sont visibles et occupées un week-end par mois, d’avril à fin septembre par les membres d’une association historique en uniforme avec barda et armement d’époque (français, britannique et allemand) qui reconstituent la vie quotidienne des combattants.

La Basilique et la Tour Lanterne furent érigées d’après les plans de Louis Cordonnier, architecte lillois ; de 1921 à 1931. La 1° pierre de la Tour Lanterne a été posée par le Maréchal Pétain le 19 juin 1921.

Dans le cimetière de Notre Dame de Lorette reposent 40058 soldats français de la 1° guerre mondiale. A 3 kilomètres se trouve un autre cimetière français au lieu-dit «  La Targette » sur la commune de Neuville Saint Vaast, 42000 soldats français y sont enterrés. L’Artois territoire situé entre les communes de Lens, Douai, Arras, Bapaume et Saint Pol sur Ternoise, est émaillé de plusieurs dizaines de cimetières tant des troupes alliées que des troupes allemandes.

Bien souvent les anciens ennemis sont enterrés à quelques dizaines les uns des autres : le cimetière français de la Targette est situé en mitoyenneté d’un cimetière britannique à moins de 200 mètres à vol d’oiseau, se trouve le plus grand cimetière militaire allemand de France pour la 1° guerre mondiale : 44830 soldats allemands tombés lors des violents combats sur la colline de Lorette d’août 1914 à fin 1915 et de la colline de Vimy de Pâques 1917 à la fin de la guerre.

Un second cimetière militaire allemand est situé sur la commune de Saint Laurent Blangy à environ 5 km, 31939 allemands y reposent et font face à un cimetière militaire britannique de quelques centaines de tombes. Un immense cimetière des troupes indiennes qui faisaient partie de l’empire britannique est situé à Neuve Chapelle, commune de Richebourg (62). 7064 combattants indiens y sont enterrés, à 100 mètres de ce dernier, un cimetière militaire portugais rassemble 7500 sépultures.

Retour sur la colline de Lorette qui domine la plaine de l’Artois du haut de ses 165 mètres. Ce fut l’un des champs de bataille les plus disputés entre octobre 1914 et septembre 1915. Le village qui se trouve au bas de la colline s’appelle Ablain Saint Nazaire, il fut totalement rasé par les duels d’artillerie, les ruines  de l’église sont restées en l’état à l’issue de la bataille.

Cette croupe de Lorette est une longue arête de terre qui s’étend d’est en ouest et s’avance en promontoire sur la région houillère. Les pentes du côté sud sont très escarpées et 5 contreforts abrupts séparés par d’étroits ravins en ont fait un lieu de choix pour défendre et verrouiller avec la colline de Vimy toute cette région, mais aussi un excellent lieu d’observation sur les positions alliées.

Dès le début de la guerre des tranchées, l’armée française chercha à enlever cette position. Des assauts violents et meurtriers se déroulèrent sans discontinuer, de décembre 1914 à fin mai 1915. Une attaque massive des troupes françaises commença le 9 mai 1915 pour enlever la position : la date coïncidait avec l’assaut de la division marocaine sur la crête de Vimy. Les positions allemandes s’étaient fortifiées, 5 lignes de tranchées successives renforcées de sacs de de terre et de ciment, couvertes par des réseaux doubles ou triples de barbelés, de fortins avec d’épais blindages.

Certaines compagnies françaises perdent lors de l’assaut, tous leurs officiers et sous-officiers et sont totalement décimées. Les combats sont féroces (grenades, baïonnettes, couteaux de tranchée, pelles, souvent même à mains nues). Le tout sous le feu incessant des mitrailleuses allemandes. La lutte a duré 13 jours avant que les français ne remportent la bataille, sur le terrain les français ont dénombrés 3000 cadavres allemands.

-- LES GARDES D'HONNEUR DE LORETTE --

Association patriotique créée le 9 juillet 1927 pour mettre en place un service d’ordre, accueillir et renseigner les visiteurs sur le site de Notre Dame de Lorette. Les Gardes d’Honneur sont présents tous les jours de l’année.

Cette garde est composée de 22 groupes rattachés aux communes entourant la nécropole. La garde compte un peu plus de 4000 hommes.

-- L'ANNEAU DE LA MEMOIRE --

Cet anneau conçu par l’architecte Philippe Prost, est un mémorial d’une circonférence de 345 mètres de long et pèse 300 tonnes, représentant en sa face intérieure 500 panneaux dorés de 3 mètres de haut. Sur 499 panneaux sont gravés par ordre alphabétique, les noms des soldats de toutes nationalités tués sur le front du Nord-Pas de Calais pendant la 1° guerre mondiale.

Seuls les noms et prénoms figurent sans distinction de nationalité, de grade, de religion. Le 1° nom est celui d’un népalais A TET, soldat de l’armée britannique, le dernier nom est celui d’un soldat allemand ZSCHIESCHE Paul. La liste des noms des 579606 soldats tués sur les 90 km du front Nord-Pas de Calais représente 40 nationalités.

Ce mémorial fut inauguré par le Président de la République François Hollande le 11 novembre 2014.

-- LE MONUMENT DE LA FRATERNISATION --

Ce monument situé sur la commune de Neuville Saint Vaast au lieu-dit La Targette à côté du cimetière militaire français évoqué dans le titre 6, est le seul monument sur la planète commémorant un acte de paix en pleine guerre et sur le front !

Le monument a vu le jour, grâce aux écrits retrouvés dans les carnets de guerre du caporal Louis BARTAS. Ces carnets relataient les moments de fraternisation entre combattants allemands, anglais, français sur la ligne de front à Noël 1914, et un an plus tard en 1915, sur le front de l’Artois, notamment à Neuville Saint Vaast.

Louis BARTAS écrivait : « qui sait ! peut-être un jour sur ce coin d’Artois, on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre les hommes qui avaient horreur de la guerre, et qu’on obligeait à s’entretuer malgré leur volonté ».

Ce sont ces écrits qui ont incité le cinéaste Christian Carion à réaliser le film « Joyeux Noël » sorti en 2005, dont le rôle principal était tenu par Dany Boon.

Ce monument comporte 3 fois les silhouettes de 3 soldats, allemand, anglais, français, partageant un jus, jouant au foot, ou conversant de manière pacifique. Les silhouettes sont réalisées en matière transparente et furent conçues par Gérard Collin-Thiebaut et par les architectes paysagistes Sarah Kassler et Sylvain Delboy.

Il fut inauguré par le Président de la République François Hollande le 17 décembre 2015.

-- L'ABBAYE DE MONT SAINT ELOI --

Cette abbaye fondée au X° siècle, en l’an 930, se situe sur la colline de la commune de Mont Saint Eloi. Distante d’environ 3 km de la colline de Lorette et d’approximativement 5 km de la crête de Vimy, l’abbaye dont les tours mesuraient 53 mètres de hauteur, fut considérée dès 1914 comme point stratégique par l’armée française, pour l’observation des lignes allemandes et pour la défense d’Arras.Ce fut aussi une cible privilégiée pour l’artillerie allemande, il suffit de regarder aujourd’hui les ruines de cette abbaye.

Petite anecdote ; Le coureur cycliste belge François Faber, vainqueur du tour de France 1909, du Paris-Roubaix 1913 et d’autres grandes classiques du cyclisme qui résidait à Paris, s’était engagé dès le début du conflit dans la légion étrangère, en reconnaissance pour la France qui l’avait accueilli. Il fut tué par une balle perdue, à Mont Saint Eloi, alors qu’il portait secours à un camarade blessé, en mai 1915.

Il convient toutefois de rester prudent, tant sur sa nationalité que sur lieu de sa mort. En effet, certains documents mentionnent qu’il était luxembourgeois comme son père : mais divergent aussi sur l’endroit exact où il fut tué ; Carency petit village situé au bas de Mont Saint Eloi, ou vraiment Mont Saint Eloi ? Cette commune ayant fait apposer une plaque commémorative sur un mur extérieur de la Mairie, précisant que François Faber fut abattu dans ce village. Son corps ne fut jamais retrouvé.